Première représentation de "l'Enfant Jaguar" (2 mai 2026)
Samedi dernier, à la maison et avec une trentaine d'ami(e)s eut lieu la première représentation de l'Enfant Jaguar.
Les premières sont toujours un mélange de grande anxiété et de profonde libération. Après des mois de travail en solitaire vient le moment de la proposition au public dans cette incertitude quant à la manière avec laquelle elle sera reçue.
Ce fut, je crois, un beau moment, au cours duquel, ensemble, nous avons plongé dans ces contes et mythes qui me sont devenus si chers. Quelques petites erreurs de vocabulaire ou de départ musical, des retours divers (un tel a trouvé trop court, l'autre trop long), mais surtout une émotion profonde dans laquelle chacun est parti loin.
J'en suis de plus en plus persuadé : ces contes très peu connus et racontés ont une capacité de résonnance poétique et onirique tout à fait étonnante. Il faut aussi préciser que de par la construction narrative du spectacle -presque 70 % de celui-ci est le récit d'une contée effectuée par un vieux chamane au cœur de la forêt amazonienne-, il est très difficile pour moi de faire des digressions ou des apartés avec le public sous peine de mettre à mal ce dispositif. En effet, dans ce cadre-là et dans mon for intérieur, je conte à partir de ce vieux chamane que l'on imagine mal avoir recours au second degré (ou alors j'ai pas encore trouvé le truc). De ce fait, ce spectacle est "sérieux" tenant un peu d'une sorte de rituel. Phénomène accentué pas l'usage de la conga, du berimbau et du chant. Ces histoires m'ont "imposé" une rythmique de narration différente de celle que je pratique habituellement. Pour ces raisons, c'est donc un spectacle qui demande au spectateur un effort (bon, ça dure une heure hein…). Effort largement récompensé au vu des endroits où il nous mène.
Un des retours qui m'a été fait est que ce spectacle "me correspondait parfaitement". Je suis persuadé que la réussite d'un moment de conte tient pour beaucoup à la cohérence de ce qui est raconté avec la nature profonde de celui qui raconte. Avec ces histoires, je crois avoir trouvé comme jamais jusqu'ici cette fameuse cohérence.
Preuve que ce spectacle intéresse, j'ai à ce jour trois propositions pour le jouer, bien sûr pour certaines à confirmer. Dont deux à l'issue de cette première. J'en suis ravi !
Reste maintenant à travailler les quelques petites faiblesses perçues et à développer la com : de bonnes photos, un teaser, un visuel adapté. J'ai vraiment envie que ce spectacle tourne !
Pour terminer une petite réflexion. Durant les formations à l'art du conte, on revient souvent, et à juste titre, sur le questionnement de la manière avec laquelle le conteur en herbe habite son histoire. Au cœur de cette expérience de l'Enfant jaguar, j'ajouterai désormais la question de savoir comment l'histoire nous habite...

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